Péché originel; transgressions des ancêtres; pas de culpabilité juridique héritée
L'Église orthodoxe enseigne le péché originel (le péché d'Adam et Ève) comme une réalité historique et ontologique qui a affecté la nature humaine. Le péché originel introduisit la mortalité et la corruption dans le monde et établit une condition de séparation de Dieu pour tous les descendants d'Adam. Cependant, l'Orthodoxie rejette la notion augustinienne de culpabilité originelle héritée juridiquement : nous n'héritons pas de la culpabilité de la transgression d'Adam comme si nous étions co-coupables devant Dieu.
Au lieu de cela, l'Orthodoxie enseigne que nous héritons de la condition de mortalité et de la penchant au péché (la concupiscence) qui résultent du péché originel. Chaque personne humaine naît dans cette condition décadente et développe son propre péché personnel par ses transgressions volontaires. Saint Grégoire de Nysse et saint Maxime le Confesseur soulignent que tandis que la nature humaine a été endommagée par le péché originel, elle n'a pas été entièrement corrompue ou perdue. La Rédemption opérée par le Christ restaure et guérit la nature humaine, permettant à chaque personne, par la grâce et son coopération, de dépasser la mort et de participer à la vie divine. Le baptême efface le péché originel et tous les péchés personnels antérieurs, reconstituant les baptisés comme enfants de Dieu et héritiers du Royaume.
Distinctions clés
- Doctrine type:
- péché originel historique et ontologique ; affecte la nature humaine
- Free will effect:
- prédisposition au péché ; liberté affaiblie mais non détruite
- Infant guilt:
- héritage de la condition mortelle, non de culpabilité personnelle juridique
Références bibliques
Sources
- St. John Chrysostom, Homilies on Romans, Homily X
- St. Cyril of Alexandria, Commentary on Romans 5:12
- John Meyendorff, Byzantine Theology (1974), Chapter 9
- Lossky, The Mystical Theology of the Eastern Church, Chapter 6